LIVRESSE et ses "Coups de coeur"


Ne lâche pas ma main de Michel Bussi

L'histoire se déroule sous le soleil et les palmiers de l'île de la Réunion dans un décor idyllique. Le rêve d'un couple amoureux vire au cauchemar lorsque la femme disparaît de sa chambre d’hôtel. Son mari est soupçonné du meurtre et s’enfuit avec leur fillette de six ans. Une course poursuite commence alors… Le plan Papangue, équivalent insulaire du plan Epervier, est déclenché et s'ensuit alors une course-poursuite ponctuée de cadavres, dans un décor grandiose que l'on découvre au fur et à mesure et au coeur d'une des populations les plus métissées de la planète. Un polar rondement mené qui se dévore avec voracité. Ce roman, finaliste du grand prix de littérature policière a reçu le prix du roman insulaire 2013, et les droits ont été achetés pour une adaptation télé.
Mémé de Philippe Torreton
Philippe Torreton brosse un portrait tendre et nostalgique de sa grand-mère qu'il appelait « Mémé », une grand-mère silencieuse de mots mais bavarde en preuves d'amour, dit-il.
C'est donc l'histoire de l'enfance de Philippe Torreton au gré des retrouvailles du dimanche chez « Mémé » avec cousins et cousines dans sa Normandie pluvieuse. Il raconte les repas bavards autour du poulet de Mémé : Un poulet de Mémé durait trois jours : rôti le dimanche midi, froid le soir avec de la mayonnaise et vol-au-vent le lendemain. Il ne fallait pas gâcher parce que la vie n'était pas si facile.
Mais cette Mémé n'était pas avare de tendresse, elle la prodiguait sans compter et P. Torreton le lui rendait bien : Il l'embrassait autant de fois que de jours sans se revoir quand il fallait partir le dimanche soir.
Mémé n'est plus là mais elle a balisé la route de l'acteur qui se sent encore guidé par les valeurs qu'elle lui a transmises « Des racines et des ailes ».
On aime ce portrait de femme attachant parce qu'il en sort un parfum de nostalgie douce et tendre et qu'il nous fait penser inévitablement à notre enfance. C'est ce qui rend ce roman-portrait très agréable à lire.

La tête de l'emploi de David Foënkinos

A 50 ans, Bernard coule une vie tranquille et s’attendait à poursuivre son train-train quotidien jusqu’à la fin de ses jours. Mais voilà, une série de catastrophes (à ses yeux en tout cas) survient et le pauvre Bernard peine à réagir, pas armé du tout pour faire face à ce qui lui arrive !
Roman drôle et mélancolique, personnage plutôt sympathique, voire pathétique, face au monde en crise.

Les soeurs Ribelli de Corinne Atlas

Les soeurs Ribelli est un roman avec un grand R qui allie une vraie écriture, un style, à une histoire forte et émouvante. L'histoire de ces trois soeurs c'est aussi la nôtre puisqu'elle commence dans les années 70 et se poursuit jusqu'à aujourd'hui. Ce qui fait, entre autre la force du récit, c'est que c'est à travers le regard des héroïnes que nous revisitons notre passé commun. Ainsi, il nous est donné d'assister à nouveau à la création du spectacle mythique d'Ariane Mnouchkine "1789" ou encore de reprendre un bain de foule dans les rue de Paris un certain 21 mai 1981... Trois soeurs très différentes mais emblématiques du chemin parcouru par les femmes ces dernières décennies. Autour d'elles, un foisonnement de personnages plus régalants les uns que les autres et dont on sent bien que Corinne Atlas les connaît sur le bout des doigts et les aime tendrement, tant est juste et subtil le parcours de chacun, ses espérances, ses rêves, son regard sur le monde qui l'entoure
S'il se dégage de ce roman une grande humanité c'est aussi que Corinne Atlas manie l'humour comme pas une. Ainsi de la première à la dernière page, on vibre, on pleure, on rit, avec délice, bonheur, et un brin de nostalgie Et c'est tellement bon !

La cuisinière d'Himmler de Franz-Olivier GIESBER

Elle se nomme Rose, elle vit à Marseille, sa ville d'adoption, elle est centenaire depuis environ cinq ans, et elle décide qu'il est temps de mettre sa vie par écrit
De l'Arménie de 1915 à la Chine de Mao, en passant par l'Allemagne nazie, elle nous entraîne dans les cuisines d'Himmler. Des parents arméniens trucidés, un premier mari juif, et des enfants déportés, un troisième mari chinois, battu à mort par des gardes rouges lors de la Grande Révolution culturelle... Rose a tout vécu, tout connu, Drumont, Sartre, Beauvoir, jusqu'aux baisers et aux fourneaux de Heinrich Himmler.
Elle établit la liste de ses chers disparus et règle ses comptes à l'aide de son Glock 17.
Elle observe et critique. Elle forgera sa façon de penser. Elle fera sienne la loi du talion. Mais entre deux vengeances, elle cuisine. Rose n'est certes pas un personnage ordinaire..

Les membres du club de lecture LIVRESSE, vous invitent à découvrir leurs romans "coups de coeur" de ce premier trimestre. A votre disposition à la bibiliothèque.