Interview


Claire Bigard  - Illustratrice

Claire, je vous ai rencontrée dans le cadre du Quai des Bulles 2012, pendant lequel vous dédicaciez des BD. Pouvez-vous me dire quel a été votre parcours et comment vous en êtes venue à l’illustration de BD ?

Je suis diplômée de l’Ecole Estienne, dénomination courante de l’Ecole supérieure des arts et industries graphiques (ESAIG) de Paris et pendant une vingtaine d’années, j’ai beaucoup travaillé dans le domaine du story board (scenarimages) pour la publicité, le cinéma et la télévision, supports qui n’ont pas toujours de visibilité pour le public. J’ai côtoyé les milieux mécaniques en travaillant sur les génériques télés des grands prix de F1  et dessiné des illustrations pour le 20ème Dakar ainsi que du Mondial des 2 roues. C’est ce qui m’a décidé à créer une BD, dans laquelle on retrouve tous ces ingrédients pour laquelle j’ai tout fait c’est-à-dire le scénario, le dessin et les couleurs. Ce thriller historique en deux volumes qui s’appelle « La méprise »  a tiré à 4000 exemplaires pour chaque tome et a été récompensé, en 2010, par le prix du meilleur scenario au festival de BD de Décines (près de Lyon) et pour l’œuvre en général au festival de BD de Marly (près de Metz). Et, depuis deux ans, j’ai rejoint une équipe afin d’illustrer le troisième tome d’une BD historique intitulée « Le casque d’Agris ».

 Quelles sont vos influences dans le domaine de l’illustration et avez-vous fait des rencontres déterminantes ?

J’ai rencontré Michel Blanc-Dumont (dessinateur de la série « la jeunesse de Blueberry ») chez Dargaud. Puis j’ai rencontré Jacques Martin (créateur de la BD historique Alix chez Casterman) au festival de BD de Crespières où je réside. J’ai aussi été en contact avec Jean-Claude Servais (mieux connu sous le pseudonyme de Jicé dont les premières planches sont publiées dans le journal de Spirou). Dans un monde essentiellement masculin, à des degrés divers, tous m’ont encouragé. Mais la rencontre la plus importante a été celle de Thierry Girod (graphiste publicitaire de formation et illustrateur entre autres de Durango) qui me servira  d’agent.

Quelles techniques utilisez-vous et combien de temps vous faut-il pour qu’une BD voie le jour ?

J’ai la chance d’être ambidextre, ce qui est un atout. En général je fais mes dessins sur des calques que j’intègre ensuite sur mon ordinateur, puis j’imprime  mes dessins sur bristol. Mais actuellement j’essaie la technique du crayonné direct. Dans la BD sur laquelle j’ai dernièrement travaillé, il ne m’a pas été trop difficile d’intégrer une équipe déjà constituée car nous avons la même façon de travailler. La documentation était préparée et les personnages centraux étaient constitués. Il m’a fallu environ deux ans de travail sur le dessin car il y a une recherche archéologique importante nécessaire pour une BD historique. Et puis, moi qui ai beaucoup travaillé pour des scénarii d’automobiles ou de motos, en hyper réalisme (je suis-moi-même motarde), mon challenge personnel est actuellement de dessiner des costumes d’époque, des chevaux et des éléphants.

Quels sont vos projets ?

Je devrais prochainement travailler sur le quatrième et dernier tome du « Casque d’Agris » dans lequel je serai à la fois dessinatrice et coloriste mais j’ai bien évidemment d’autres projets dont je ne suis pas en mesure de parler actuellement, ceci étant confidentiel. Comme chaque année, je vais aussi continuer à participer à une quinzaine de festivals et salons de la BD. Ce contact avec mon public est essentiel car cela me permet de connaître à la fois ses envies et son appréciation de mon travail. Et puis, dessinatrice depuis plus de 30 ans, je continue à donner des cours de dessins dans ma ville de Crespières et je participe à son festival BD, lancé en 2005 et qui, grâce au concours de bénévoles passionnés de BD, réunit chaque année un nombre croissant de participants