Interview

Hubert de Maximy - Auteur

Qui êtes-vous vraiment Hubert de Maximy ?

Je suis un produit hybride car j’ai à la fois des racines rurales – je suis petit-fils de paysans de la Haute Loire-  et d’aristocrates fauchés du Dauphiné. J’ai eu la chance d’avoir une mère qui m’a formé aux arts graphiques et qui m’a entrainé dans de nombreux musées. En outre, je suis le dernier enfant d’une fratrie de 9 enfants et j’avoue que j’ai beaucoup appris de mes aînés. Je n’ai pas été particulièrement assidu ou brillant dans mes études et rien ne me prédestinait à l’écriture. J’ai, entre autres, fait une thèse jamais soutenue en sciences économiques. J’ai fait une carrière dans l’audiovisuel et ne me suis ennuyé pas plus de la moitié du temps ; j’ai été scénariste d’une soixantaine de films pour la télévision ainsi que de BD pour Métal hurlant et l’écriture a été, longtemps pour moi, le hobby des week-ends. Aujourd’hui j’espère être un honorable écrivain populaire, en tous cas je me serai fait plaisir et j’espère avoir fait plaisir.

D’où vous est venue l’idée d’écrire la série de l’Ecrivain public, et cela a-t-il nécessité de nombreuses recherches ?

Un jour, dans le Vercors, j’ai commencé à décrire sur papier, ce que je voyais par la fenêtre de chez l’une de mes sœurs. Je voyais des paysans qui s’affairaient dans leurs champs et c’est alors que m’est venue l’idée de faire un roman médiéval. J’ai donc écrit un roman picaresque truculent qui n’a pas eu l’heur de plaire à la dame de l’édition qui s’était intéressée à moi et me l’a refusé. J’ai donc opté pour l’écriture d’un roman plus commercial et, à 55 ans, j’ai écrit « l’Ecrit rouge » puis « l’Ombre du diable ». Ces romans m’ont néanmoins demandé pas mal de documentation historique sur la France du Moyen Age.
Avez-vous trouvé facilement une maison d’édition ?
Pas vraiment. C’est par le biais d’un vieux copain de fac –qui soit dit en passant n’a pas aimé mes livres- que j’ai écrit au directeur d’Albin Michel. Après quelques vicissitudes, ces deux romans ont été publiés à 4500 et 3500 exemplaires en 1999 et 2000. J’ai alors commencé à participer à de nombreux salons du livre, en province, noué des liens et connu la vente en direct, sans réseau de distribution. J’ai ensuite contacté un éditeur parisien qui m’a pris deux livres dont l’un a reçu le Prix du Lion noir (prix du Lyons Club) puis j’ai rejoint l’éditeur l’Archipel avec lequel je suis depuis 2008. Ce dernier m’a demandé en plus des romans historiques, d’écrire des romans du terroir. 
Avez-vous des conseils pour l’écriture d’un livre ?
Pour moi, l’écriture doit être d’une qualité professionnelle très élevée et avoir une bonne histoire à raconter. Elle doit avoir à la fois de la rigueur et de la fluidité. Pour être lu, il faut anticiper la création d'un réseau (on sait que pour concourir au Goncourt, par exemple, il faut prévoir plusieurs années à l’avance). Un manuscrit adressé à des maisons d’édition, c’est comme une bouteille à la mer. Un sur mille est suceptible d'arriver à bon port et d’être lu. Les rencontres avec les éditeurs se font sur les salons du livre, là où les éditeurs font leur marché.
Etes-vous un grand lecteur et quels sont vos derniers coups de cœur littéraires ?
Je suis un grand lecteur mais il est vrai que je suis devenu très exigeant sur l’écriture. J’aime particulièrement les romans et les biographies. Mon dernier coup de cœur est.la trilogie de Philip Kerr, écrivain britannique. Son héros Bernhard Gunther, est un enquêteur privé dont les aventures ont pour cadre l’Allemagne nazie qui est particulièrement bien décrite.
Avez-vous quelque chose à ajouter ?
Les écrivains ont, en règle générale, un ego surdimensionné. Et c’est tellement vrai que sur l’un des murs de la BNF sont écrits des centaines de noms d’écrivains célèbres il y a cent ans et un peu plus. Plus de la moitié de ces noms sont inconnus pour moi, le reste ne m’est connu que pour des extraits inclus dans le Lagarde et Michard de nos études. Je n’ai lu que très peu d’entre eux. C’est dire le dérisoire de l’égo !