Thom 007 (12-17 ans)

Mystère au jardin 


Quelqu'un était là. Sa présence accentuait le côté angoissant de la serre sombre. Loïs le savait, elle le sentait malgré elle.
Un regard froid lui brûla le, creux du dos en transperçant les vêtements. Ses pulsions s'accélèrèrent. La sueur commença à perler le long de son cou pâle. Un violent frisson parcourut son âme meurtrie par l'évènement. Chaque bruit fut amplifié, chaque craquement devint suspect. Une arme dans la main, Loïs s'avança dans la pénombre de l'abri baigné dans une atmosphère tendue. Le vacarme de la pluie couvrait les pas de la jeune femme qui cherchait, espèrait un instant dénicher sa cachette. Un bruit sec parvint à ses oreilles. Elle se retourna, le revolver en avant.
Rien. 
 Un pot en terre cuite gisait au sol, brisé. Il était tout près, elle ressentait son malaise. Elle observa les plantes touffues, regarda entre les feuilles. Elle s'approcha, le souffle coupé, prête à tirer. De légers bruissements intervinrent devant elle. Loïs était dans la bonne direction. D'une main tremblante, elle écarta les branches de l'arbuste.
Rien.
Soudain, elle-perçu un bruit discret de pas. Elle se redressa. EiÎe ne se tourna pas directement, elle patienta, chercha à l'induire en erreur, à le corrompre et plaqua son arme contre sa poitrine, terrorisée. D'un mouvement vif, elle fit volte-face. Son coeur se serra.
Une silhouette se découpait dans les feuillages, grande et élancée, menaçante et dangereuse. Loïs s'avança silencieusement, évita les débris qui ornaient le carrelage. La tension était à son comble. L'ombre semblait la fixer sans éprouver la moindre peur. Cachée derrière de longs bambous, elle restait immobile. Loïs la pointa avec son arme, l'index sur la gachette. Ses pieds entrèrent alors en contact avec un bâton. Elle le saisit, prudente. Elle l'utilisa pour chasser les brindilles de la plante qui obstruait sa vue. La silouhette était proche, tellement proche. Pourtant, elle ne bougeait pas, elle demeurait pétrifiée. Loïs douta. Etait-ce lui? Ne faisait-elle pas face à un canular? Peu importe, elle voulait en avoir le cœur net. Elle approcha le bout de bois de la chose, mais n'y rencontra que la surface dur et décevante du mur de la vieille bâtisse.
Un piège.
La respiration saccadée, elle se retourna. Son pouls s'arrêta brusquement. Il était là, sûr de lui, confiant. Loïs n'hésita pas, elle le pointa avec le revolver, le menaçant.

-- Les mains derrière la tête! ordonna-t-elle. Agenouillez-vous! Maintenant !
Elle ne pouvait-dissimuler la peur et la crainte qui vibraient dans sa voix. L'homme étouffa un rire, sourit à la policière, la toisa et se mit à courir. Loïs le poursuivit. Elle slalomma entre les tables et les restes de pots. Il ne devait en aucun cas lui échapper. La scène était suffisamment large pour les deux poursuivants, mais elle n'avait pas le droit à l'erreur, il n'existerait pas de deuxième chance. Une poussée d'adrénaline l'aida à se surpasser. Le
fuyard continuait sa course. Il sortit de la serre. Elle le suivit, déterminée. Il traversa un potager, contourna-les arbres du jardin. Loïs ne désespèrait pas. Au loin, elle vit un engin noir rivé sur elle. Elle ne le regarda pas. L'assassin sortit rapidement une arme et, tout en courant, se mit à tirer à l'aveuglette sur la policière. Cettè dernière les esquiva de peu et tira à son tour. Les balles n'ateingnirent pas leur cible. Il rechargea son revolver, elle fit de même. Dans cette synchronisation parfaite, ils continuèrent leur course sans parvenir à se détacher l'un de l'autre. Du coin de l'oeil, Loïs aperçut une masse sombre qui la poursuivait. Elle l'ignora, il fallait avant tout qu'elle se donne au maximum.
L'homme contourna le manoir. La policière le suivit. Une brûlure lui martelant les côtes, son souffle embrasait ses poumons. Son coeur lui ordonna de s'arrêter. La distance se fit plus longue. Loïs, sous le poid de la douleur, ne put se résigner à stopper sa course.
Elle s'adossa au mur du bâtiment, reprit son souffle. Elle avait chaud, elle sentait ses vêtements adhérer à sa peau. Elle sortit son téléphone et appella le commissaire. D'une voix coupée par les longues respirations, elle lui demanda de sécuriser le périmètre du terrain, afin que le fuyard ne puisse s'en aller. Il accepta. Loïs raccrocha sans dire mot, trop déçue de son échec. Elle entreprit alors de refaire le tour'de la bâtisse pour localiser
l'assassin, cet homme qui avait défié les limites de la pitié humaine. Une famille. Il avait décimé une famille richissime entière, sans éprouver le moindre remords. Trois enfants, dont un de seulement quatre mois, et deux parents.en bonne santé qui ne se vantaient nullement de leur bien. Il ne s'était pas contenter de les tuer, il les avait torturé pour une raison qui échappait à la police. Pourquoi ? La réponse demeurait muette. Encore plus étrange, il y avait eu deux heures de délai entre le moment du crime et la venue de Loïs, alertée d'un appel de la part d'une domestique. Il aurait pu s'en aller facilement, mais au lieux de cela, il était resté dans la serre du manoir. Loïs ne pouvait laisser un homme comme celui-ci partir sans avoir été confronté à un jugement sévère et juste. Pour elle, il
méritait la mort, tout simplement.

            Elle scruta tout les recoins du jardin. Aucune trace du fuyard. Où était-il ? Partit ?
Cela faisait maintenant une demi-heure qu'elle avait appellé le commissaire. Seulement, la forêt qui, bordait le manoir était si épaisse que la policière ne pouvait apercevoir ses alliés.
De plus, le silence régnait sur les lieux. Seul le vent et la pluie osaient le défier. Loïs soupira. Comment retrouver un homme caché dans une combinaison noire parmis toutes ses plantes qui remplissent ce jardin de plus de dix hectares ? C'était comme chercher une aiguille dans une botte de foin. Alors elle resta coite. Bouger ne servirait à rien, juste à s'éloigner de l'assassin. Elle cru même étre seule, jusqu'à ce qu'elle entende un bruit léger et long. Ce son reproduisait un plongeont dans de l'eau. Les propriétaires avaient une piscine. Loïs s'y rendit discrètement, essayant de se cacher derrière les hauts et larges
buissons de lavande. L'odeur était douce et apaisante, mais elle ne le fut pas assez pour la policière déterminée à coincer le criminel.
Près de la piscine, l'eau paraissait calme. Rien ne semblait l'avoir troublé. Loïs observa les alentours, se rendit dans la cabane en bois qui servait de réserve pour les
matériaux d'entretiens et les jouets aquatiques. Comment cela était-il possible ?
 S'amusait-il avec elle? Probable, seulement, elle ne voulait pas rentrer dans son jeu. La main sur son arme, la policière s'approcha des plantes touffues qui bordaient la piscine. Des craquements se succèdèrent. Des crépitements longs, presque surnaturels. Ils se rapprochèrent d'elle. Elle fit volte-face, et se pétrifia. Son regard se voila. Sa discrètion et sa rapidité d'action étaient magistrales. Comment? Elle ne sut. Le sang jaillisait de son ventre, tachait sa chemise auparavant immaculée. Le touché du poignard lui glaçait les entrailles. L'homme le retira de son abdomen. Il la laissa tomber dans l'eau calme de la piscine.
- Coupez! Coupez ! C'est parfait ! Dans la boite !
 Helena reprit son souffle. L'homme vêtu de la combinaison noire l'aida à se relever. Trempée, l'actrice fut contente de son personnage et malgré son sort, elle avait joué son rôle à la perfection.